Très Rev. Philippe ADJOBI : Baptême de temple, un mot inadéquat

Très Rev. Philippe ADJOBI : Baptême de temple, un mot inadéquat

A Propos du terme ”Baptême de Temple ” le Très Rév ADJOBI Philippe reçu sur les ondes de lq Voix de l Esperance par Cécile Mbra, donne une explication. Rappelons que le très révérend Philippe ADJOBI est responsable de la liturgie de l’EMU-Ci et l’historien de l’EMUCI.

Cécile Mbra : Très Révérend Philippe ADJOBI, merci d’avoir répondu à notre invitation

Très Rev. P.A : C’est moi qui vous remercie.

Pasteur Adjobi

Cécile Mbra : Nous entendons beaucoup parler de trois thèmes, la consécration, le baptême et la dédicace. Qu’est-ce que déjà la consécration et à quel niveau parle-t-on de consécration ?

Très Rev. P.A : En fait, le mot consécration est beaucoup plus réservé, en tout cas dans notre jargon, en tant qu’église, aux pasteurs. Mais évidemment lorsqu’ on dédie quelque chose à Dieu, on le consacre à Dieu. Le mot est aussi à bon endroit mais beaucoup plus approprié lorsqu’on parle d’engagement, de bénédiction ou de succession apostolique en ce qui concerne les Pasteurs qui reçoivent du Seigneur une vocation et qui viennent se mettre au service de l’église. On parle de consécration pastorale ou d’ordination pastorale. Mais en ce qui concerne les éléments comme les éléments de culte, lorsqu’on les amène ici à l’église, on les dédie à Dieu mais le langage habituel, c’est qu’on préfère parler de consécration, consécration des instruments de musique, consécration des instruments de sainte cène, etc. Voilà ce qu’on entend par consécration.

Cécile Mbra : Au niveau de la dédicace, à quel moment parle-t-on de dédicace particulièrement de temple ?

Très Rev. P.A : La dédicace est un acte liturgique de l’église qui confère une réalisation à Dieu. Dieu nous a béni, on a pu réaliser un temple et le moment vient où ce temple est dédié à Dieu. On parle dans ce cas de dédicace du temple. Comme on parlerait aussi de dédicace des aubes, parce que les aubes des choristes qu’on a pu acquérir ont été confectionnés et le moment vient où on les dédicace, c’est-à-dire qu’on les voue au service du culte de l’église. C’est dans ce sens que nous parlons de Dédicace, en fait dédicace veut dire vouer à Dieu, donner à Dieu.

Cécile Mbra : Un terme est revenu ces derniers temps, il s’agit de baptême de temple. Alors, quel est la différence entre la dédicace d’un temple et le baptême d’un temple ?

Très Rev. P.A : Je dirai peut-être que le mot est très inadéquat dans le cadre de l’église parce que, lorsqu’on parle de baptême c’est toute autre chose que ce que nous disons. Mais le mot a été vulgarisé et l’église l’emploie pour désigner, en ce qui concerne le temple, l’acte qui a un moment donné de l’histoire de l’église, qui permet de conférer un nom, une appellation à l’église ou au temple. Il faut dire que dans l’histoire, nos parents n’ont pas tellement vu les choses de dans ce sens. Quand je vois dans les archives, je constate par exemple que le temple Israël de Treichville a été inauguré le 7 Août 1946 et donc du temps de nos parents, on parlait plus d’inauguration du temple, inauguration dans le sens que l’œuvre est terminée et qu’il va falloir l’utiliser et là on parle d’inauguration. Mais le terme le plus approprié est dédicace du temple. Ainsi donc, aujourd’hui on parle de baptême de temple comme un genre de rectification de l’histoire. Il faut dire que le temple du Jubilé, c’est ce temple qui a accueilli l’église lors de son cinquantième anniversaire de présence en côte d’Ivoire et donc leurs pères et mères dans la foi se sont retrouvés dans ce temple qu’on appelle jubilé pour célébrer la présence de l’église en Côte d’Ivoire mais au moment où ils célébraient cette fête ils n’avaient pas donné ce nom. C’est plus tard que le nom est venu. Ils n’ont pas aussi fait une fête dans le sens de dédicacer le temple Jubilé de Cocody. Ils ont simplement fait la fête dans le temple de Cocody, c’est ainsi qu’on disait avant. En parlant donc de baptême, c’est le fait de conférer le nom qui était utilisé mais qui n’a pas fait l’objet d’une cérémonie particulière, c’est pour revenir sur l’histoire afin de donner un nom personnel et vivant à ce temple, qui est un temple symbolique ; c’est un temple qui rappelle les 50 ans du méthodisme en Côte d’Ivoire. Pour ce qui s’est passé, c’est un baptême, en fait, le mot est inadéquat mais comme c’est un langage courant qu’on utilise…

Cécile Mbra : Quel est le mot adéquat ?

Très Rev. P.A : On parlerait plus d’anniversaire de temple. En fait, tous nos anciens temples ont été tous inaugurés par le passé ; pas peut-être dans une cérémonie enthousiaste et festif comme celle que nous avons aujourd’hui mais il faut dire que nos temples ont été inaugurés, donc dédicacés en quelque sorte. En revenant sur ces faits de l’histoire, on parlerait plus d’anniversaire de temple et dans cet anniversaire, on insérerait le nom qu’il faut conférer au temple. Mais le mot à terme, c’est un mot courant. Lorsqu’on donne un nom à quelque chose, on dit qu’on le baptise ; le terme vulgarisé que nous employons.

Cécile Mbra : Alors qu’elle est la portée spirituelle d’une dédicace et que comprend une cérémonie de dédicace ?

Très Rev. P.A : Je pense que la portée spirituelle d’une dédicace ou d’un nom conféré à un temple répond de l’écho que l’église se doit d’avoir dans le quartier. On confère habituellement des noms bibliques à nos temples pour être ainsi le retentissement à travers le nom, de la foi de ceux qui fréquentent ce temple et permettre, rien qu’en évoquant le nom du temple, répondre d’une vocation que Dieu a donné à son peuple dans le milieu où le temple est placé. C’est important que nous donnions des noms bibliques surtout à nos temples. Ici, en Côte d’Ivoire, nous en sommes encore aux noms bibliques mais ailleurs dans d’autres églises méthodistes dans le monde, on donne des noms des anciens ouvriers, des Pasteurs, des pionniers aux temples ou aux centres d’accueil, etc. Peut-être que le temps viendra où on le fera. Je sais que, en ce qui concerne Abidjan Sud, nous avons réalisé un bâtiment à l’académie du Port, auquel nous avons donné le nom de Révérend Emmanuel YANDO, en tant que premier Pasteur ivoirien qui a été à ce poste. Le temps viendra où, on pourra se rappeler du passage de tous nos pionniers pour garder longtemps leur mémoire au milieu de nous en donnant leur nom aux édifices que nous réaliserons.

Merci.

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